Riche___Millions

Ma copine d’école primaire croyait que les "fish sticks" nageaient gentiment dans la mer avant d’être pêchés. Elle avait 6 ans, ne lui jetez pas la pierre! Pour ma part, je n’ai jamais été réellement fascinée par le monde marin…Sauf peut-être pour ses histoires de pirates, sans foi ni loi, qui semaient la terreur des Caraïbes aux mers d’Afrique.

Pourtant, en découvrant le nom de Tom Poisson, ma curiosité m’a directement poussée à découvrir l’artiste qui se cachait derrière cet intrigant pseudonyme. Et, bonne pêche… Des chansons qui feraient de l’ombre à celles de toutes les sirènes réunies. Des mélodies recherchées aux sonorités généreuses et aux textes subtiles.

Son dernier album, Riche à Millions, m’a donné envie de lui poser quelques questions autour du thème de l’argent. Pour mieux le connaître, j’ai choisi mes questions autours de références musicales un peu décalées qui touchent de près ou de loin ce qui dirige, soi-disant, le monde. Même si Tom aime à le rappeler, le titre de son nouveau CD fait plutôt référence à tout ce qui rend comblé sans forcément pouvoir s’acheter.

1) Dans "Money, Money, Money", Abba s’extasiait sur "Toutes les choses que je pourrais faire si j’avais un peu d’argent". Quel rapport entretenez-vous avec l’argent ? "Je vois l’argent comme un instrument nécessaire pour concrétiser les projets dont on rêve, tant d’un point de vue professionnel que privé vu que dans ma vie les deux aspects sont intimement liés. L’argent me sert à investir dans la production de ma musique mais j’avoue que si Riche à Millions connaît suffisamment de succès pour me le permettre, je ferais construire une terrasse pour pouvoir prendre des bains de soleil parisien (rires)."

2) Bob Sinclar mixe au son de "Money, get rich or die try’in". Quelle vision avez-vous de notre société de consommation ? "On vit, selon moi, dans une époque formidable. La technologie offre 1001 facilités à notre vie quotidienne. Je dirais donc que j’aime profiter avec bonheur de tout ce qu’on a la chance d’avoir à notre disposition. D’ailleurs, j’avoue avoir craqué pour un énorme écran de télé pour donner à mon appartement des allures de cinéma. Maintenant, je ne peux pas nier que je ne trouve parfois pas ma place au sein de toutes ces valeurs commerciales. Pour moi, la vie est trop courte pour que les valeurs humaines ne priment pas sur le reste or, trop souvent aujourd’hui, l’individu passe à l’arrière plan. Je fais d’ailleurs un parallèle avec ma chanson "La complainte de l’Homme moderne". Mais, bon, je ne veux pas passer pour un soixante-huitard qui garde en permanence un regard critique la société actuelle (rires)."

3) Comme Aznavour, pensez-vous que la misère soit moins pénible au soleil ? "C’est indéniable que le soleil fait du bien au moral mais je ne suis pas persuadé que la pauvreté soit plus facilement acceptable à Marseille, Rio, Bruxelles, Paris ou Buenos Aires. Dans une des chansons de mon dernier album, je parle de la précarité que connaissent les SDF en lui donnant un visage humain. Celui de Henri. Je personnalise ce problème auquel je suis sensible en évoquant l’histoire que j’imagine être celle du SDF que je croise fréquemment près de moi en empruntant le périphérique."

4) La belle JLO chante « My love don’t cost a thing ». Pensez-vous que l’argent puisse tout acheter? "Pour moi qui fonctionne à l’intuition, qui me laisse porter par mes envies dans mon métier comme dans mes amours, je ne le conçois pas. A mes yeux, les sentiments amoureux ne peuvent pas être calculés. Rien n’est prévisible et je ne pourrais pas me forcer à être raisonnable."

5) Madonna met en avant dans « Material Girl » la femme vénale. Constatez-vous que depuis que vous êtes sur le devant de la scène, votre cote de popularité auprès des femmes a augmenté en flèche ? "Pour promouvoir mon album sur le net, on a décidé de réaliser de petits clips publicitaires où le casque rose que je porte sur la pochette de l’album devient un véritable phénomène de société. Plusieurs épisodes complètement second degré (donc celui de Tom Poisson à la piscine, entre autres) où on voit la folie du casque rose s’emparer de l’Homme de la rue. Si ça se concrétise, je pourrais dire avoir une influence sur les femmes (rires)."

Pour voir Tom Poisson en Belgique, il faudra attendre le vendredi 18 juillet 2008 et les Francofolies de Spa. En attendant, on se délecte des chansons à texte de cet homme plein d’humour, de bon sens et dont le talent passera certainement moins inaperçu qu’une goutte dans la mer!MySpace.Site officiel.